L’artiste est un animal voyageur. Dès 1880, le Conseil supérieur des Beaux-arts propose des bourses de voyage aux artistes. Aujourd’hui, les résidences à l’étranger se multiplient. Elles témoignent de la volonté, voire de la nécessité, pour certains artistes de se confronter à un contexte, un territoire, des populations et des problématiques qui diffèrent. Dans les pays du Sud, les artistes se trouvent, plus qu’ailleurs, aux prises avec la question de l’altérité. Comment un artiste peut-il déjouer les images-ghettos ? Comment susciter un nouveau regard, explorer de nouvelles relations loin des préjugés réciproques qui figent la différence ?
Philippe Niorthe, artiste visuel, travaille régulièrement dans le quartier de New Bell, à Douala, au Cameroun. Il y explore les représentations issues de la colonisation et s’interroge sur ce qui fonde l’image de l’autre.
Au sein de l’association Clowns sans Frontières, des artistes partent présenter des spectacles à des populations qui en sont privées et rencontrer des artistes locaux. Ils se frottent à un public et à un contexte de représentation singuliers, à des questions quant à la relation qui s’instaure à l’autre.
À travers ces deux démarches émergent une interrogation complexe : l’art, moyen d’expression et d’exploration du réel, saurait-il être le laboratoire de nouveaux échanges ?