Rencontres proposées par la Fédération des arts de la rue en Île-de-France


mercredi 6 juin 2007 de 14 h 00 à 15 h 30

Que demande le peuple ?

Rencontre avec la coopérative De rue et de cirque.

Lieu de circulation et de transaction, la rue ordinaire est de moins en moins accessible à la prise de parole. Elle n’est pas non plus un équipement culturel à ciel ouvert. Se faire entendre dans la ville tient toujours d’une gageure mais n’engage pas nécessairement de lourdes perturbations telles que la suspension du trafic ou l’installation d’équipements techniques de spectacle. Tout dépend à qui l’on veut s’adresser et comment.

Les artistes ont l’art et la manière de frayer leur chemin et leur « pied dans la porte » peut toucher et questionner subtilement la vie d’un quartier…

Avec la programmation intitulée “Indésirables station perturbation”, 2r2c propose dans cet esprit une suite d’apparitions artistiques clandestines et de perturbations intempestives dans le quartier Edgar Quinet à Paris 14è.

Retour sur l’expérience conduite par les 8 équipes artistiques, invitées à infiltrer le quotidien d’un quartier, sans tambours ni trompettes, sans effets d’annonce, sans que personne n’ait jamais rien demandé.

Peut-on inviter les artistes là où on ne les attend pas ? Comment capter l’attention ? Quelle est la place de la surprise dans notre quotidien ? Comment le politique mesure-t-il l’impact de ce genre d’action ? Y a-t-il une place dans les arts de la rue hors de l’événementiel ?

Résumé

Revenant sur l’expérience de la programmation "les Indésirables" consacrée à des formes légères présentées sans annonce dans le quotidien du quartier Edgar Quinet (14è), la coopérative a réaffirmé son ambition de programmer des œuvres au cœur des quartiers, sans cadres pré-définis, tout au long de l’année.

L’équipe s’est ainsi expliquée sur les modalités particulières de prise de contact avec le quartier et les réactions recueillies auprès du public :
Il s’agissait de perturber les gens dans leur quotidien, sans rendez-vous, sans convocation. C’est pourquoi les formes artistiques choisies étaient volontairement légères de façon à travailler le rapport de proximité avec les gens. Selon la même dynamique, la coopérative a choisi de communiquer au minimum sur les interventions des artistes dans le quartier, privilégiant la rumeur ou la surprise.
Cette démarche n’est pas sans soulever des questions, notamment sur la légitimité et la liberté d’intervention de l’artiste. Où s’arrête la liberté, où commence la tranquillité. Sans annonce, sans estrade, "sans tambour ni trompettes", l’artiste gagne en proximité, son acte est désacralisé. Mais en même temps, pour certains, il pourrait bien perdre sa légitimité à déranger et donc sa liberté d’intervention.

Quelle est la réaction des gens face à ce trouble s’immisçant dans leur ordinaire ?
La coopérative distingue au final plusieurs types de public et plusieurs réactions :
- les habitants du quartier tout d’abord. Au fil des interventions dont l’enchaînement tend peu à peu à affirmer une démarche de programmation, le regard des riverains change. Au bout de quelques semaines de programmation, le quartier n’est plus une page vierge comme au commencement.
- Le public furtif. Du passant qui jette un coup d’œil en traversant la rue à celui qui stationne pour en savoir plus, les questionnements affleurent : est-ce que c’est du théâtre ? réalité ou simulacre ? offensif ou inoffensif ?
- Les habitués qui viennent sur rendez-vous et qui connaissent les codes.

Si le caractère intrusif de la programmation de la coopérative De rue et de cirque a provoqué chez certaines personnes des réactions agressives ou fermées, il semble qu’il y ait eu au final plus de sourires que d’invectives. Des discussions se sont engagées dans le quartier, des portes se sont ouvertes, du doute s’est immiscé.
Et à long terme, qu’en reste-t-il ? Mise à part, la réaction immédiate des gens pouvant être capté par une photo ou un film, l’effet durable sur le public est difficilement mesurable. La coopérative s’est néanmoins préoccupé de cette dimension en créant "l’association de public de rue et de cirque".

La coopérative De rue et de cirque est un opérateur de diffusion artistique pour les arts de la rue et le cirque contemporain à Paris et en Île-de-France.

Paris 14
Métro 6 Edgar Quinet
Rendez-vous à la station de métro
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