Rencontres proposées par la Fédération des arts de la rue en Île-de-France


mardi 9 octobre 2007 de 15 h 30 à 17 h 00

Les murs ont-ils des oreilles ?

Rencontre avec Philippe Chat, directeur de la Galeru et initiateur de "Graphisme dans la rue".

Signalétique, publicité, enseignes… l’inflation des signes dans la ville véhicule essentiellement le message des annonceurs commerciaux qui jouissent de moyens de production et d’une force inégalables.

A Fontenay-sous-Bois, la ville ouvre ses espaces publics à la création éphémère, plastique, graphique, mais aussi performative : l’affichage artistique investit des bâtiments, des prototypes de mobiliers urbains se mêlent aux équipements traditionnels. Même la création d’une galerie est conçue comme l’extension de l’espace public avec son linéaire vitré qui ne nécessite pas de franchir de portes pour voir l’oeuvre.

L’initiative indéfectiblement soutenue par les élus, procède de questions lancinantes : pourquoi faire des expositions pour ceux qui n’iront jamais les voir ? Les murs ont-ils des oreilles ? Comment partager l’espace public ? Par-delà la tentation décorative et au-delà des espaces d’expression institués, quelles conditions offrir aux artistes pour aider les œuvres à investir le quotidien et travailler les grandes questions de notre temps ?

En montrant des affiches dans l’espace public, en mêlant des propositions de plasticiens, sculpteurs ou designers dans la ville, Philippe Chat veut contribuer à proposer ce que Julia Kristeva qualifiait de laboratoire de nouvelles formes d’humanisme.

Résumé

Mardi 9 octobre, rendez-vous est donné à la Galeru de Fontenay-sous-Bois pour une découverte in situ du travail mené depuis 20 ans par une ville désireuse de multiplier les espaces d’art dans la cité et les façons de s’adresser aux habitants.

Philippe Chat, directeur de la Galeru, initiateur de « Graphisme dans la rue » et de nombreux projets visant à développer les domaines de l’affiche, du graphisme, de l’installation, du design en espace public, nous invite ainsi à une promenade commentée.

La visite débute par la découverte de la Galeru, ancienne échoppe de cordonnier devenue propriété de la ville et transformée en galerie d’exposition, qui demeure le pivot autour duquel s’articule les autres projets artistiques d’art en espace public. Cette vitrine d’art contemporain offre aux artistes un espace de création et d’exposition contraint qui appelle des propositions spécifiques : on ne peut pénétrer dans l’échoppe. Les interventions sont directement visibles depuis la rue. Avec une moyenne de huit expositions par an depuis sept ans, la Galeru propose une programmation variée où le travail des artistes prend en compte l’espace public créant à chaque fois la même surprise pour les passants et les gens du quartier. Lors de notre visite de la Galeru, nous découvrons en avant-première l’oeuvre d’Égide Viloux, intitulée « Inclinaison, déclinaison », qui travaille en particulier la dimension physique et l’utilisation picturale du ready-made.

Nous poursuivons notre chemin à la recherche de nouvelles approches singulières de la ville, espace par définition saturé de signes dans lequel il devient de plus en plus rare de s’étonner. Sous la dénomination de « zone art », nous découvrons des espaces d’art ouverts sur la ville éphémères ou parfois pérennes : un mur typographique place de l’Hôtel de Ville où se superposent des interventions d’artistes (tels que Emanuela Not, Olivier Soulerin, Anne-Marie Latrémolière, Olivier Damé, Made, Bruno Souêtre, Mathieu Fontaine, Maria Arnold), des peintures murales (de Simon Bernheim et Michel Quarez), des installations (bancs publics réinventés), des traces d’interventions plastiques et graphiques (comme les sculptures in situ réalisées lors des biennales « Natures Urbaines »). La ville devient ainsi un territoire d’expérimentation, la rue une zone utopiste de possibles, transformant notre perception de l’espace urbain.

Philippe Chat nous propose ensuite de découvrir la manifestation « Graphisme dans la rue » qui interroge la place de l’image dans la ville en invitant chaque année des graphistes à travailler sur une série d’affiches de grand format, sur les thèmes de la ville et de la citoyenneté, collées sur les panneaux municipaux. Cette manifestation prend corps tout au long de l’année avec la mise en place d’action d’accompagnement et de formation des publics. L’objectif affirmé est bien d’apprendre à lire les images, à réfléchir sur les thèmes proposés, y déchiffrer le sens suggéré, susciter l’interrogation, déclencher un regard neuf, offrir un espace de communication aux passants dans un univers du quotidien. De nouveaux signes apparaissent ainsi dans la ville brouillant et détournant le paysage publicitaire habituel, la signalétique urbaine, le langage des lieux. Parallèlement, le "Salon de l’Éphémère dès 1988", invite graphistes, plasticiens et performeurs à livrer leur interprétation de la ville.

La visite se poursuit dans la galerie de l’école d’arts plastiques municipale où les participants sont successivement invités à découvrir les murs typographiques de David Poulard et la démarche du plasticien photographe Georges Rousse. Entre réalité et illusion, nous observons un travail d’images, relevant à la fois de la peinture, de l’architecture et du graphisme. L’échange se prolonge dans la cour de l’école d’arts, autour d’une série de bancs d’artistes de Laurent Sfar et Laurent Simon. Fruits d’une commande originale aux artistes, ces prototypes ont vocation a être installés dans l’espace public.

Affiche, graphisme, installations, design, mais aussi performances, les artistes multiplient les façons de s’adresser à la rue. Interrogé sur les motivations de la ville de Fontenay à poursuivre l’accueil des artistes et sur l’opportunité de lier cet accueil aux problématiques urbaines (aménagement urbain, logement, enfance…), l’intervenant observe la longévité et la continuité de cette politique de soutien à l’art dans la ville mais ne relève pas de collaborations majeures entre les services pour se saisir de la présence des artistes, malgré les opportunités qui ont pu se présenter.

Déambulation graphique dans la ville, propositions plastiques, mais aussi performances, publications, conférences-débats...Depuis 19 ans, la ville de Fontenay-sous-Bois (94) offre des espaces d’art aux artistes de toutes disciplines et de toutes nationalités.

FONTENAY-SOUS-BOIS (94)
La Galeru
1, place du Général Leclerc
RER A Fontenay-sous-Bois, suivre ancienne mairie en sortant
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