Rencontres proposées par la Fédération des arts de la rue en Île-de-France


mardi 29 mai 2007 de 15 h 00 à 16 h 30

Faut-il le voir pour le croire ?

Rencontre avec Jean-Luc Prévost, directeur artistique de la compagnie Les Goulus.

Comment en arrive-t-on à perdre totalement son libre arbitre ?
Comment amène-t-on l’autre à faire ce qu’on voudrait le voir faire ?

De la séduction à l’endoctrinement, de l’autorité à l’annihilation de la volonté… les effets des sectes sur l’équilibre psychologique de la personnalité font l’objet de rapports annuels d’une mission parlementaire.

Avec la création du spectacle "Main jaune dans la ville" à Chalon sur Saône, la compagnie les Goulus s’est emparée de la thématique sectaire pour la confronter au contexte d’un grand rassemblement populaire, le Festival de Chalon dans la rue. Sur deux ans, les Goulus ont su utiliser leur savoir-faire d’artistes de rue pour impliquer physiquement les publics dans une manipulation de grande ampleur. Jusqu’où sont-ils allés ?

A Montreuil, dans un cadre de circonstance, Jean-Luc Prévost retracera le processus de cette création, les relations étonnantes établies avec le public, son travail pour dénoncer la manipulation, le tout appuyé par des images inédites et stupéfiantes de « Main jaune sur la ville ».

Résumé

En 1994, Jean-Luc Prévost crée un premier spectacle autour du thème de la manipulation sectaire intitulé « les Krishnous ». Cette parodie influencée par « Les enfants de Dieu » raconte l’histoire de trois frères de la secte « Krishnous » qui usent leurs sandales dans la ville à la recherche de nouveaux adeptes. Chansons mystiques, prosélytisme et mauvaise foi, tout leur est bon pour convaincre les gens qu’ils rencontrent ou leur prélever quelques subsides.

En 2000, Jean-Luc Prévost décide d’aller plus loin et d’édifier une secte. S’inspirant du film de Francesco Rosi « Main basse sur la ville », dont l’histoire dépeint une mafia qui s’installe à Naples, il choisit d’intituler son spectacle « Main jaune sur la ville », histoire d’une secte qui étend ses ramifications dans la ville au fil du temps.

Poussant à son paroxysme la logique "particip-active" du théâtre de rue en transformant le public en véritables adeptes de la secte et otages du spectacle, Jean-Luc Prévost interroge par son travail le rapport dominant/dominé et la notion de libre-arbitre. En brouillant la frontière entre l’espace de vie et l’espace symbolique de jeu et en utilisant d’authentiques méthodes de manipulation sectaire pour monter son spectacle (demande d’argent, séparation avec les proches, création de devoirs et d’obligations), Jean-Luc Prévost cherche à marquer les esprits en engageant physiquement le public.

« Main jaune sur la ville » connaît sa formulation la plus aboutie lors du festival « Chalon dans la rue ». Le spectacle est construit en deux actes et se déroule sur deux ans. Pour le premier acte en 2000, la compagnie décline l’identité de la secte dans la ville au moyen d’une multiplication de signes jaunes. Les comédiens-adeptes prospectent et recrutent de nouveaux fidèles parmi le public et les habitants de la ville. Rituels, tenues de circonstance et mise en scène permettent d’entraîner les participants dans une dynamique intéressante. Pour le deuxième acte en 2001, la secte est donc prospère et les frères peuvent préparer le public a accueillir l’arrivée du gourou.

Situations que d’aucuns en des circonstances "normales", c’est-à-dire hors d’un événement culturel auraient jugé humiliantes et préoccupantes, les actions décrivent les logiques d’endoctrinement, de sujétion et d’annihilation de la volonté accomplies par bien des sectes. C’est à la description de l’appropriation artistique de ces processus que Jean-Luc Prévost s’est livré en présence de membres d’association de lutte contre les sectes parmi l’assistance.

C’est par le spectacle "Main jaune sur la ville" que Jean-Luc Prévost fonde la Cie des Goulus en 2000. Auteur, metteur en scène et acteur, Jean-Luc, avec ses deux compères des trios « Obsessionnels » sillonnent les rues du monde avec leurs spectacles déambulatoires, notamment « Les Krishnous » (traduits en 7 langues). Se réclamant "Aventuriers du théâtre", ils expérimentent et travaillent leurs partitions théâtrales, depuis 15 ans, sur la volonté de pousser le public à être plus acteur que consommateur.

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